Le 26-10-06 à 08:07 , par Patrick.
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Ljubljana est habile à jouer de balcons inattendus. Regardez les bars, le soir, quand toute la jeunesse vient parler, boire et flâner près du Triple Pont sur la rivière Ljubljanica, le coeur de cette capitale à taille humaine qui, avec sa forteresse perchée au creux d'un méandre, évoque irrésistiblement la belle Besançon. On descend un escalier situé derrière le quai et on découvre un mini-amphithéâtre de quelques marches qui surplombe la rivière. Des jeunes gens, verre de vin blanc en main, bavardent en contemplant son cours. A gauche, un balcon sous quai forme aussi terrasse, avec ses tables protégées par des arbustes inattendus : d'ici on sent la douceur de la ville aux deux rivières. Cette verdure, présente sur la colline du château comme sur les places, les quais et les grandes avenues tranquilles, donne l'humeur flâneuse et un aspect presque champêtre à la ville.
D'ailleurs Ljubljana, qui, avec sa monumentalité affichée, ne ressemble à aucune autre ville de Slovénie, attire toutes les odeurs et toutes les couleurs du pays des tilleuls. Dans la rue la plus ancienne de la vieille ville, la Stari trg, qui court au pied du château, se côtoient des maisonnettes médiévales ravissantes. Restaurées et peintes de couleurs pastel, elles forment un alignement adouci par la courbe de la ruelle et semblent sortir de temps très lointains. On peut trouver là, à côté des magasins et des restaurants huppés, une boutique qui vend sous un design contemporain le sel marin que la très courte côte slovène, coincée entre Italie et Croatie, a fourni durant des décennies à Venise. Quant aux vinothèques, elles proposent ce qu'il y a de meilleur dans ce pays, qu'on ne soupçonnait pas d'être tellement vinicole.
Mais l'attrait de la grande ville réside aussi dans ces alignements monumentaux qui mêlent des éléments d'architecture baroque et des façades qui respirent un début du XXe siècle riche et puissant. Sur la grand-place, rendez-vous des passants, des touristes et des ménagères, se dresse un incroyable Centromerkur, supermarché central, édifié en 1903. Surmonté d'un Mercure ailé, il a aujourd'hui des allures de Goum soviétique avec ses escaliers intérieurs Art déco, ses rayons bizarrement vides et ses vendeuses éteintes quand le reste de la ville et du pays respire l'opulence.
Ce vestige fait face à l'église de l'Annonciation, pur baroque XVIIe, dans laquelle un prêtre officie devant une assemblée nombreuse. L'immense plafond de cette église à façade rouge et blanche est orné de peintures baroques, ses chaires sont sculptées de bois doré et l'autel est, bien sûr, monumental. De cette place centrale, démarre la rue Miklosceva, qui concentre quelques-uns des exercices architecturaux les plus étonnants du début du XXe siècle, quand Ljubljana grandissait de se trouver le long du chemin de fer Vienne-Trieste.
L'Hôtel Union, bâti en 1903, est redevenu hôtel après avoir été le quartier général du haut commandement militaire durant la funeste première guerre mondiale qui, sur de nombreux fronts, a ravagé ce petit pays que les belligérants voulaient tous s'approprier. Le bâtiment qui lui fait face exhibe une façade Art nouveau, décorée de glorieuses femmes en plâtre blanc. Un autre, un peu plus loin, est surmonté de grandes statues d'hommes puissants et célèbres.
Les Slovènes sont fiers de ces bâtisses imposantes qui disent la gloire de leur capitale, mais ils vénèrent d'abord leur architecte et urbaniste Joze Plecnik (1872/1957), qui, après avoir fait ses armes à Prague, a modernisé la capitale en aménageant ses rives et nombre de ses bâtiments, comme la bibliothèque universitaire, à l'austère façade de pierre et de brique, ou le stade. Il en a aussi dessiné le nouveau cimetière : on entre dans cet espace verdoyant et triste en passant entre des colonnades serrées de marbre blanc qui encadrent la morgue et ouvrent sur douze petites chapelles de même facture.
L'infatigable bâtisseur que fut Plecnik a redessiné l'antique marché de la capitale, qui en est devenu un des attraits majeurs. A côté du Triple Pont sur la rivière à laquelle il a donné une touche vénitienne en la flanquant de petites balustrades, il a planté ses lignes de colonnes un peu raides et conçu de curieux aménagements entre terre et rivière. Quelques marches à descendre le long du quai, et voici les étalages de poissons, impeccables et de bonne odeur iodée.
Dans ce pays alpin, dans cette ville qu'on voit cernée de près par des massifs annonciateurs de grandes montagnes, les étals proposent des poulpes, des loups, des dorades, de la brandade et autres produits de la Méditerranée. D'ailleurs, le dernier chic culinaire ljubljanais est de mettre sur la carte des restaurants un "simple poisson avec son filet d'huile d'olive" après une tapenade - qu'on accompagne d'un tokay de Goriska Brda, cette région proche de l'Italie qui produit de bons crus.
Plus loin, dans ce grand marché à la fois rectiligne et labyrinthique, couvert et ouvert, et qui est le seul endroit du pays où l'on rencontre des petits commerçants individuels, on trouve enfin des charcutiers qui proposent ce qu'on imaginait manger dans ce pays tellement "Mitteleuropéen" : du salami, des jambons et toutes ces Delikatessen fumées brunes, brillantes et appétissantes qu'on espérait.
Les étals des pâtissiers sont à l'unisson avec leurs strudels de toutes obédiences, fruits variés, crèmes, graines de pavot et pâtes roulées. Et puis, la note méditerranéenne revient devant les petits kiosques aux tables hautes, où on mange, debout, du poulpe ou des sardines grillées, avec un petit vin blanc en carafe, boisson nationale que des milliers de viticulteurs vendent "ouvert" - c'est-à-dire qu'il faut se munir d'une bouteille pour en acheter dans leur ferme impeccablement tenue à flanc de coteau.
Un peu plus haut dans le marché, les paysans et forains offrent leurs fruits et leurs champignons, leurs tisanes et leurs légumes, parmi lesquels dominent les poivrons jaunes, les paprikas, qu'on retrouve souvent dans les assiettes slovènes et surtout celles de la malika, le copieux petit-déjeuner local. Au pied de la baroque église de Saint-Nicholas et de son monastère, grands édifices impressionnants et un peu tristes, se trouvent les marchandes de fleurs et les petits cueilleurs, ceux qui ramassent, suivant les saisons, les champignons et les baies des champs et des bois, myrtilles, groseilles à maquereaux, cassis.
Comme dans les autres villes slovènes, la campagne semble ici très proche : les banlieues ont encore des potagers et un panneau à l'entrée de la capitale interdit l'accès aux tracteurs...
Le 20-10-06 à 00:01 , par Patrick.
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La Slovénie construira une île pour promouvoir le tourisme Reuters
La Slovénie a l'intention de bâtir une île artificielle d'ici 2020 dans ses étroites eaux territoriales pour faire venir de nouveaux touristes, a annoncé le ministère de l'Economie.
D'une superficie équivalente à la moitié de la Suisse, la Slovénie possède une courte bande littorale d'une cinquantaine de kilomètres, entre l'Italie et la Croatie, donnant sur le Golfe de Trieste en mer Adriatique.
"La construction devrait s'étaler de 2013 à 2020 et le coût global est estimé à 100 millions d'euros", a déclaré à Reuters Patricija Sasek, porte-parole du ministère.
La superficie de l'île devrait avoisiner les 30.000 m², la taille d'un grand centre commercial. Il sera possible d'y trouver des bars, des restaurants, un centre de remise en forme, des plages et un port de plaisance.
La facture devrait être partagée entre l'Etat, qui compte assumer un tiers des coûts, l'Union européenne et des investisseurs privés, a précisé Sasek.
Le tourisme représente aujourd'hui 5,0% du PIB de la Slovénie, membre de l'Union européenne depuis 2004, et les autorités de Ljubljana comptent doubler cette proportion d'ici à 2011.
Le 11-11-05 à 07:43 , par Patrick.
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Ljubljana la juvénile
Jeune et malicieuse, dynamique et séductrice, la capitale de la Slovénie fait de l'oeil et même plus au passant gourmet.
Par Gilles Pudlowski
C'est la capitale en forme de l'Europe en marche. 280 000 habitants, 54 000 étudiants, une jeunesse qui rit dans les cafés, les salons de thé, sur les terrasses, face aux quais de la Ljubljanica, la rivière qui coupe la ville en deux.
Klagenfurt à quarante minutes, Trieste à une heure : la belle Slovène qu'est Ljubljana emprunte à l'Autriche et à l'Italie pareillement voisines, leur douceur, leur fantaisie, leur gourmandise, leur élégance. Le château domine la ville, avec son musée virtuel qui raconte l'histoire du pays. Les bâtiments Art nouveau font la nique aux promeneurs, partout dans le centre, avec les immeubles colorés et bon enfant signés Joze Plecnik ou Ivan Vurnik, des architectes marqués par le style Sécession. Le baroque des églises, le minimalisme des nouveaux cafés, le rustique appuyé des tavernes anciennes où l'on sert la bière et les vins du pays, mais aussi les struklji, qui sont les strudels - roulés - à la mode d'ici, ou les zlikrofi, ces raviolis fourrés de pomme de terre et fromage : tout cela fait merveilleux ménage.
Ce joli confetti de l'empire habsbourgeois qui a conservé son caractère entier malgré son absorption passée par la fédération yougoslave, sous l'égide de Tito, séduit d'emblée. Pour peu que l'on franchisse un de ses dix ponts, que l'on rallie la place de la Révolution-Française, que l'on prenne le temps de vivre dans ses pubs enfumés et bruyants, dans ses salons de dégustation (comme l'exquis Zvezda ou l'amusant Nana). Ses librairies en vogue, telle la jolie Vale Novak, sur la chic rue Wolfova, plein centre, consacrent de pleines vitrines au phénomène gourmand et londonien Jamie Oliver. C'est dire que la ville, qui aime aussi bien manger japonais (ah ! son Sushimama !) ou français qu'italien, raffole des fringales jeunes.
Les chefs de l'Hexagone, vite adaptés ici même (Eric Rauscher, Chez Eric ; Benjamin Launay, au Pri Vitezu), sont légion. Mais sa vedette gourmande du moment est slovène. Et se nomme Janez Bratovz. Ce garçon sérieux comme un pape, formé en Autriche, stagiaire chez Ducasse, propose une brillante cuisine franco-italienne dans un cadre rétro, années 70. Il illustre à la perfection les contradictions charmeuses de Ljubljana. Avec ses tagliatelles aux trompettes et jambon, son bar en papillote aux courgettes ou sa polenta aux cèpes, il donne envie de prendre pension dans cette séduisante mini-capitale
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Source : Lepoint.fr