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Presse : article sur Ljubljana dans Lepoint.fr

Ljubljana la juvénile

Jeune et malicieuse, dynamique et séductrice, la capitale de la Slovénie fait de l'oeil et même plus au passant gourmet.

Par Gilles Pudlowski

C'est la capitale en forme de l'Europe en marche. 280 000 habitants, 54 000 étudiants, une jeunesse qui rit dans les cafés, les salons de thé, sur les terrasses, face aux quais de la Ljubljanica, la rivière qui coupe la ville en deux.

Klagenfurt à quarante minutes, Trieste à une heure : la belle Slovène qu'est Ljubljana emprunte à l'Autriche et à l'Italie pareillement voisines, leur douceur, leur fantaisie, leur gourmandise, leur élégance. Le château domine la ville, avec son musée virtuel qui raconte l'histoire du pays. Les bâtiments Art nouveau font la nique aux promeneurs, partout dans le centre, avec les immeubles colorés et bon enfant signés Joze Plecnik ou Ivan Vurnik, des architectes marqués par le style Sécession. Le baroque des églises, le minimalisme des nouveaux cafés, le rustique appuyé des tavernes anciennes où l'on sert la bière et les vins du pays, mais aussi les struklji, qui sont les strudels - roulés - à la mode d'ici, ou les zlikrofi, ces raviolis fourrés de pomme de terre et fromage : tout cela fait merveilleux ménage.

Ce joli confetti de l'empire habsbourgeois qui a conservé son caractère entier malgré son absorption passée par la fédération yougoslave, sous l'égide de Tito, séduit d'emblée. Pour peu que l'on franchisse un de ses dix ponts, que l'on rallie la place de la Révolution-Française, que l'on prenne le temps de vivre dans ses pubs enfumés et bruyants, dans ses salons de dégustation (comme l'exquis Zvezda ou l'amusant Nana). Ses librairies en vogue, telle la jolie Vale Novak, sur la chic rue Wolfova, plein centre, consacrent de pleines vitrines au phénomène gourmand et londonien Jamie Oliver. C'est dire que la ville, qui aime aussi bien manger japonais (ah ! son Sushimama !) ou français qu'italien, raffole des fringales jeunes.

Les chefs de l'Hexagone, vite adaptés ici même (Eric Rauscher, Chez Eric ; Benjamin Launay, au Pri Vitezu), sont légion. Mais sa vedette gourmande du moment est slovène. Et se nomme Janez Bratovz. Ce garçon sérieux comme un pape, formé en Autriche, stagiaire chez Ducasse, propose une brillante cuisine franco-italienne dans un cadre rétro, années 70. Il illustre à la perfection les contradictions charmeuses de Ljubljana. Avec ses tagliatelles aux trompettes et jambon, son bar en papillote aux courgettes ou sa polenta aux cèpes, il donne envie de prendre pension dans cette séduisante mini-capitale

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Source : Lepoint.fr